La « crise financière » a commencé à apparaître au printemps 2007 aux Etats-Unis, avant de se propager à d’autres pays, à d’autres continents, au-delà des systèmes bancaires et financiers, pour atteindre aussi les secteurs de l’assurance, puis les secteurs économiques qui ont le plus recours au crédit (immobilier, automobile...), et, par la suite, plus ou moins, par les imbrications juridiques, financières et économiques d’une économie mondialisée, de très nombreux secteurs économiques, au Nord comme au Sud. Dans la plupart des pays les incendiaires, ceux qui n’ont eu de cesse de mettre en avant les vertus d’une finance totalement débridée ont revêtu le costume du pompier pour imposer leurs solutions à la crise. Pour essayer de trouver les orientations à prendre pour éviter une telle situation il faut commencer par analyser les causes profondes de cette crise (existence de masses financières énormes résultant de surprofits réalisés par le capital sur le travail, et qui peuvent profiter d’une totale liberté de circulation sur la planète) au-delà des causes directes (complexité des circuits financiers, opacité des opérations, absence de réglementations ou contournement aisé des réglementations). Dans les deux cas, nous trouverons que l’existence de territoires « sans lois » que sont les paradis fiscaux et judiciaires, qui pratiquent et cultivent le secret et l’opacité, qui abritent avec complaisance des masses financières énormes, a été un élément qui a très fortement facilité le développement et la propagation de la crise financière. Si les paradis fiscaux et judiciaires ne sont pas la cause première de la crise ils sont un outil essentiel pour expliquer son ampleur et les ondes de chocs qu’elle provoque.
Gérard Gourguechon ne manquera pas, au vu de l’actualité, de faire le point sur les conclusions du G20.
- ATTAC Luxembourg se réjouit de constater que la question des paradis fiscaux soit aujourd’hui d’actualité. Si le travail d’éducation populaire et les « grandes lessives » organisées avec d’autres ATTAC d’Europe n’ont pas eu beaucoup d’influence sur les agissements du gouvernement luxembourgeois, le phénomène que nous dénoncions se révèle désormais au grand public.
ATTAC Luxembourg dénonce l’hypocrisie des gouvernements européens, qui se sont très longtemps accommodés de l’existence des paradis fiscaux à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Union européenne.
Cependant nous ne voulons pas stigmatiser le Luxembourg, où l’immense majorité de la population ne tire aucun profit du statut de paradis fiscal de son pays. Cette situation est identique en ce qui concerne la population de la plupart des autres paradis fiscaux (Jersey, Suisse, etc.). Les vrais gagnants des paradis fiscaux sont les transnationales.
- ATTAC Luxembourg, comme tout le réseau des ATTAC Europe, considère que c’est le système financier dans sa globalité qu’il faut remettre en cause ; il faudrait en particulier imposer la transparence sur toutes les transactions entre les places financières dites "propres" et celles plus douteuses. Cette mise en oeuvre est techniquement réalisable, puisque tous les flux financiers (titres et devises) passent par trois sociétés privées : Clearstream, Euroclear et Swift. Etant donné que les nationalisations et la régulation de la finance sont subitement revenues à la mode, pourquoi ne pas mettre ces trois sociétés sous contrôle public ?! Pour une fois, cette nationalisation ne serait pas une socialisation des pertes, ces trois sociétés ne connaissant pas de difficultés financières - contrairement à certains de leurs actionnaires qui, eux, ont été généreusement renfloués, dans l’urgence, avec l’argent des contribuables...
SORTONS DE L’ECONOMIE CASINO !
ATTAC Luxembourg apporte son soutien au député européen Claude Turmes qui a eu le courage de voter un amendement concernant la lutte contre les paradis fiscaux.

Editeur : Mille et une nuits Année : 2006 Ce bouquin est une mine d’or ! Un lexique engagé mais très bien documenté. A lire dans le désordre et sans modération !