La sorcellerie capitaliste : pratiques de désenvoûtement - 19 septembre

Chantiers de la citoyenneté Coorganisés par les Amis du Monde diplomatique-Luxembourg et ATTAC-Luxembourg en collaboration avec le Centre Culturel de Rencontre Abbaye de Neumünster

Conférence de Isabelle Stengers, docteure en philosophie, enseignante à l’Université libre de Bruxelles. Elle est l’auteure de nombreux livres sur l’histoire et la philosophie des sciences, L’Invention des sciences modernes (1993) et Sciences et pouvoir (1997, 2002). Elle a reçu le grand prix de philosophie de l’Académie française en 1993.


Mardi 19 septembre 2006 à 20 heures,
salle A21 au Centre Culturel de Rencontre Abbaye de Neumünster, Luxembourg Grund

C’est entendu : il existe une horreur économique encore plus cruelle au Sud qu’au Nord. Mais la dénoncer ne suffit pas : si la dénonciation était efficace, il y a longtemps que le capitalisme aurait disparu... Le « capitalisme » est donc ce système qui s’invente en permanence et qui nous saisit à travers des alternatives infernales, du type : « Si vous demandez des droits supplémentaires, une augmentation de salaire, vous favorisez les délocalisations et le chômage. » Comment ne pas être paralysé ? D’autres peuples ont appelé cela un système sorcier. Et si ce n’était pas une métaphore ? Et si c’était même le meilleur nom que l’on pouvait donner à la prise que le capitalisme exerce sur nous, nous aidant, du coup, à réfléchir aux manières dont nous pouvons avoir prise sur lui ? Pourquoi avons-nous été si vulnérables à un tel système ? Comment se protéger ? Certaines idées partagées par toute la gauche, et d’abord la croyance dans le « progrès », n’auraient-elles pas donné au capitalisme le moyen de nous rendre impuissants ? En tentant de répondre à ces questions, Isabelle Stengers ne propose ni un programme, ni une nouvelle théorie. Elle vise plutôt à encourager tous ceux et celles qui résistent à la résignation, et dont les réussites toujours partielles doivent être racontées, célébrées, relayées. Car l’émergence d’une alternative, loin de se réduire à l’accumulation de luttes défensives et de postures « révolutionnaires », passe plutôt par la construction patiente et joyeuse d’un autre rapport aux autres et au monde, sans que rien de ce que chaque collectivité expérimente soit passé sous silence. C’est un anticapitalisme pragmatique qui est mis en discussion, dans la suite du cri lancé à Seattle : « Un autre monde est possible ! »

Vous trouverez le fichier mp3 de la conférence ici.